Mercredi 19 novembre 2008
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14.12.2006
Personnes âgées : vers un 3ème schéma.

L'intervention de Gilbert Monfort, vice président chargé des personnes âgées, le 7 décembre 2006.

« La population finistérienne vieillit, nous le savons. La prise en charge des personnes âgées dépendantes est un enjeu majeur pour l'avenir. Nous sommes devant une révolution silencieuse qui s'exprimera sur le plan économique, sociétal et politique. La société toute entière va être amenée à revoir son rapport à la vieillesse, ne serait-ce qu'en raison de la croissance du nombre des plus de 75 ans dans la population.

D'ici peu, aucune famille ne pourra ignorer ce fait et bientôt personne ne butera sur l'orthographe de la maladie d'Alzheimer.

Philippe Bas, Ministre délégué aux personnes âgées, a dévoilé en juin dernier un plan quinquennal (2007-2012) « plan de solidarité grand âge », dont les principales mesures sur le volet « vie en établissement » sont :
· le renforcement du taux d'encadrement d'ici 2012, taux pouvant aller jusqu'à un professionnel pour un résidant dans les établissements accueillant des personnes âgées très dépendantes

· l'adaptation de l'évolution des tarifs de l'Assurance Maladie au rythme du besoin de soins des patients

· la création chaque année de 5 000 places nouvelles

· le renforcement de l'attractivité des métiers de la prise en charge des personnes âgées

Ce sont là de nobles intentions, malheureusement il nous faut relativiser:

· Nous savons que les 5000 places nouvelles annoncées sont insuffisantes.

· Nous savons que les possibilités de créations de postes, que les possibilités de places supplémentaires restent largement contraintes par les délégations de crédits d'assurance maladie à la DDASS.

· Et nous savons malheureusement que les crédits de l'Assurance Maladie qui devaient nous permettre de créer des places en Finistère nous ont fait défaut à tel point que nous avons dû repousser d'un an le lancement de ce nouveau schéma pour les personnes âgées.

Tandis que le gouvernement ralentissait notre marche, le vieillissement de la population, lui, suivait son cours. On nous dira peut-être tout à l'heure que le gouvernement n'est pas responsable de tous les maux, comme en pareil cas, on nous dira de rester modeste.

Bien, alors, soyons concrets :

La compétence du Conseil général nous met en position d'inciter les établissements à respecter un prix maximum à la journée, sur la base du niveau de dépendance de la personne âgée. Nous pouvons ainsi nous assurer que la personne âgée ne paiera pas trop cher par rapport à ses besoins, par rapport à ses revenus et aux services fournis.

C'est là l'expression d'une volonté politique : nous voulons empêcher la discrimination sociale.

En effet, il n'est pas concevable qu'une personne âgée en difficulté financière soit un jour laissée sans soutien, ou qu'elle soit dans l'impossibilité d'être prise en charge à la hauteur de ses besoins, par défaut de financement.

Au risque de me répéter, si nous ne faisons rien, demain, en Finistère, l'importance de la population vieillissante sera telle que certaines personnes âgées pourraient être livrées à elle-mêmes, et que beaucoup d'autres n'auront pas les moyens de payer leur prise en charge dans les structures privées qui cherchent à se développer. Les places manquent encore aujourd'hui pour les personnes âgées très dépendantes.

Il n'y a pas de temps à perdre. Le lancement de notre nouveau schéma est donc programmé.

Le Conseil général s'attache à placer les résidants et leurs représentants au coeur de ses préoccupations. Ainsi les associations représentant les familles et les usagers sont invitées aux réunions bi-anuelles qui réunissent les directeurs d'établissement et les présidents.

Soyons clair : notre prochain schéma gérontologique ne se fera pas sans les familles!

Nous avons développé, les uns et les autres, une qualité d'écoute dans la discussion, et le Conseil général ne se passera pas de ces familles qui ont des choses à dire. A travers elles, nous voulons aussi écouter les premières personnes concernées : les personnes âgées.

Aujourd'hui, il est important de souligner qu'en Finistère, comme ailleurs, le maintien à domicile des personnes âgées dépendantes repose en grand partie sur les solidarités familiales.

Les Finistériens, dont on connaît l'esprit de solidarité, ont aussi l'esprit de famille.

Cependant, notre société présente tant de contraintes économiques pour l'individu que l'on ne peut plus, aujourd'hui, se reposer seulement sur la solidité du lien familial.

Il faut envisager d'autres solutions.

Il faut faire du vieillissement de la population un atout économique, il faut transformer en une chance ce qui peut apparaître aujourd'hui comme un fardeau.

Inscrire la question du vieillissement dans le devenir des territoires, c'est bien considérer que le territoire peut être dynamiser par cette catégorie de la population. Un tel projet exige de nous que nous transformions notre vision de la vie, de son déroulement, à la fois dans notre organisation sociale et dans notre organisation économique.

Il faut développer le maintien à domicile parce que c'est ce que souhaitent, dans la grande majorité, les personnes âgées tout autant que leurs familles.

En favorisant le maintien à domicile, il ne s'agit pas pour nous de retarder le placement en structure d'accueil. Non. Nous revendiquons un maintien à domicile dans la dignité. Nous n'ignorons pas non plus que le risque de la solitude pour la personne âgée est évidemment plus grand lorsqu'elle est seule chez elle. Il n'est pas envisageable de favoriser ce risque. C'est pourquoi la principale préoccupation de notre prochain schéma concerne les conditions de vie de la personne âgée, son bien-être, quel que soit le lieu où elle désire résider.
C'est pourquoi aussi, dans le cadre de l'agenda 21, en ce moment même, nous travaillons à valoriser les formations de personnels dans le domaine des services à la personne.

Il ne faut pas croire que l'on peut aujourd'hui envisager les problèmes de la dépendance sans envisager notamment les problèmes économiques. Tout est lié.

Si nous concentrons nos efforts pour développer une économie solidaire, c'est qu'il y a là une possibilité d'innover, en faisant se rencontrer deux types de besoins : la création d'emploi et les besoins d'accompagnement humain.

Par le professionnalisme de ceux qui les accompagnent quotidiennement, par la garantie que les structures puissent répondre aux urgences sanitaires qui peuvent se présenter, tout autant que par un développement de la vie associative autour des personnes âgées dépendantes, on peut faire en sorte que la personne âgée garde tout son rôle dans notre société.

Ce que nos anciens ont à nous transmettre, ce n'est pas seulement la mémoire vivante de notre histoire, c'est bien plus que cela, c'est une longue expérience qui alimente une réflexion et un regard pertinent sur notre société.

Nous ne devons pas seulement les soigner, nous devons les écouter. »

 
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