Vendredi 21 novembre 2008
Transports
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Sur la démarche de développement durable en Finistère

4 juillet 2005

Mes chers collègues,

Voilà presque 2 ans, en septembre 2003, notre Assemblée a décidé, à l'unanimité, de s'engager dans une démarche de développement durable et de préparer son programme d'actions, "Agenda 21".

Nous nous inscrivons ainsi, à notre échelle, dans un mouvement planétaire, celui de la prise de conscience que les déséquilibres entre le mode de développement, le respect de l'environnement et la situation sociale des hommes et des femmes, ont atteint des niveaux tels qu'ils mettent en danger l'humanité, qu'ils mettent en cause les principes même d'humanité, la dignité et la vie de millions d'êtres humains.

Face à cette prise de conscience, la France a pris des engagements et, à notre niveau, nous devons pleinement apporter notre contribution.

Une autre raison milite pour notre engagement.

Notre société, nous le constatons quotidiennement, doute de l'action publique, de la parole publique, perd confiance parfois. Elle est rongée par les difficultés économiques, le chômage, la précarité, la pauvreté, les inégalités. Nombre de familles ont les plus grandes difficultés à envisager leur avenir, à croire en des perspectives d'amélioration de leur situation, à espérer une vie meilleure pour leurs enfants. Et pourtant, notre société, globalement, peut être considérée comme riche !

La mondialisation, source d'inquiétude, n'est pas un phénomène nouveau : depuis l'Antiquité, les nations ont toujours cherché à élargir leur horizon, par les armes ou par le commerce. Elles ont cherché des routes nouvelles, découvert des mondes nouveaux, échangé des biens et des idées, fait progresser la connaissance, souvent provoqué des affrontements meurtriers.

La mondialisation apparaît aujourd'hui triomphante, avec l'instantanéité de la circulation de l'information, la rapidité et la multiplication des déplacements des hommes et des biens. Elle s'est partiellement pacifiée grâce à l'existence d'organisations internationales qui essaient, sans toujours parvenir à contenir les rapports de force, de privilégier le dialogue et la négociation sur le conflit, pour réguler, organiser les règles de relations entre Etats. C'est sûrement un progrès.

Mais la mondialisation est accusée de tous les maux et la construction d'une Europe plus solidaire, plus forte, qui peut peser pour en définir les modalités conformes à nos valeurs, est même en difficulté.

Lorsque l'emploi dépend de la décision de firmes internationales ou du seul intérêt financier à court terme des actionnaires, les certitudes sur le rôle de l'Etat et de l'action publique vacillent : est-il encore régulateur, protecteur, redistributeur ? Le service public répond-il bien aux besoins ? Est-il toujours accessible ?

Si notre démocratie est en crise, n'est-ce pas parce que les citoyens doutent de l'action publique ?

Pour rétablir crédibilité et confiance, nous avons l'obligation en permanence de donner du sens à nos décisions, d'en expliquer les objectifs et les motivations, de renforcer la participation de chacun à la construction de l'intérêt général.

Voilà les raisons de mon engagement déterminé dans cette démarche de développement durable : redonner à chacun l'envie de s'associer à une action collective, faite de décisions publiques et de comportements individuels, dont la résultante sera plus de solidarité, plus de mieux-être, un développement économique respectueux de l'homme et de son environnement.

Où en sommes-nous aujourd'hui ? Je ne reviens pas sur les actions de sensibilisation et de formation organisées pour les élus et les agents du Conseil général. Je ne reviens pas non plus sur les expérimentations qui se poursuivent au sein des services. Les annexes jointes au rapport font le point sur leur déroulement.

L'état des lieux du Finistère, l'analyse de nos politiques au regard des critères du développement durable, les travaux de prospective menés avec les chambres économiques, la consultation de nos partenaires institutionnels et associatifs et de la population ont permis d'identifier les enjeux majeurs propres à notre département. Ils sont regroupés en 5 thèmes :

- la vie sociale et la solidarité,
- la formation, l'emploi et la qualification,
- la gestion des espaces,
- la prévention,
- la nécessité de mobiliser par l'exemple.

Comment allons-nous y répondre ?

Assemblée politique, le Conseil général le fera sur la base des valeurs auxquelles il est attaché, -la solidarité, l'égalité, la citoyenneté-, et à partir des orientations qui guident son action :

- renforcer la cohésion au sein de nos territoires par la mixité sociale et générationnelle,
- permettre un développement économique et un aménagement du territoire respectueux de l'homme et de son environnement,
- favoriser l'accès à la connaissance et à l'ouverture internationale du Finistère,
- valoriser et promouvoir le Finistère dans son attractivité et son rayonnement,
- sensibiliser et informer les Finistériens aux enjeux et au sens des actions mises en oeuvre.

Il vous est donc proposé de définir et d'adopter les axes stratégiques qui permettront de répondre aux enjeux identifiés, dans le respect de nos valeurs et de nos orientations. Les rapporteurs des commissions les détailleront dans un instant.

Comment le travail se poursuivra-t-il ?

Ces axes permettront aux directeurs et aux services du Conseil général, en concertation avec les élus, de proposer des actions, ce que nous appelons les politiques du Conseil général. Ce travail se déroulera d'ici la fin de l'année. Nous aurons ensuite une nouvelle phase de consultation de nos partenaires et de la population en début d'année 2006, et notre Assemblée sera invitée à débattre et à adopter, en juin 2006, notre plan d'action, ce qui constituera le premier Agenda 21 du Conseil général du Finistère.

Vous l'avez compris, l'engagement de cette démarche de développement durable ne répond pas à un effet de mode. Il ne s'agit pas non plus de la mise en valeur ni de la juxtaposition de quelques mesures symboliques, utiles sans doute, à caractère environnemental et à effet essentiellement médiatique.

Il s'agit d'une démarche de fond, durable, qui vise à transformer notre processus de décision, à mobiliser et à entraîner l'ensemble des acteurs, à donner toujours plus de sens à notre action. Nous devons en permanence veiller à la transversalité de nos actions, identifier clairement nos objectifs pour pouvoir les évaluer. Nous devons partager l'information avec nos partenaires, c'est ce que nous faisons, en tous les cas à notre niveau, en construisant le portail informatique rassemblant l'ensemble de nos sites accessibles au public et à nos services ; nous devons construire des outils communs, observatoires sociaux, économiques, systèmes d'information géographique... ; nous devons améliorer et renforcer les processus de la démocratie participative. La consultation que nous avons tenue à l'issue de l'état des lieux a réuni un nombre trop limité de Finistériens. Je souhaite qu'il en soit différemment lorsque nous présenterons la consultation autour du programme d'actions.

Je souhaite réaliser avec la presse un partenariat soutenu. Elle a montré qu'elle pouvait jouer un rôle majeur pour informer, sensibiliser et mobiliser, avec succès, les Finistériens sur de grandes causes. Je pense à la recherche médicale, à des grands équipements d'intérêt régional, je pense à la sécurité routière...

Le développement durable mérite une telle mobilisation, à la fois en informant sur l'action des collectivités publiques, la nôtre mais les autres aussi, en rendant compte des résultats et des progrès enregistrés, et aussi en permettant aux citoyens de donner leur avis et de faire connaître leurs propositions.

Nous devons définir comment nous entendons répondre aux inégalités territoriales que nous constatons : la réponse égalitaire que nous apportons aujourd'hui par le biais de règles uniformes et de politiques de guichet est-elle réellement adaptée ? Ne faut-il pas imaginer de renforcer les politiques contractuelles avec les Pays, les intercommunalités, lorsque leurs projets répondent à nos enjeux ? Nous devons également réfléchir à la façon d'encourager les autres collectivités à élaborer leur Agenda 21.

Nous avons tous conscience qu'il s'agit d'un chantier difficile. Le changement, la remise en cause se heurtent toujours à des résistances. Nous devons, de plus, conduire ce chantier alors que plusieurs autres sont en cours et pèsent fortement sur la charge de travail des services : la décentralisation dans les collèges, la mobilisation pour l'insertion, la mise en oeuvre de la loi sur la compensation du handicap, l'accompagnement des mutations économiques...

Nous aurons à déterminer les priorités et le rythme de mise en oeuvre des changements que nous apporterons à nos politiques. Le contexte financier que nous connaissons, augmentation de nos missions, de nos charges, incertitude sur l'évolution de nos recettes, nous amènera avec certitude à redistribuer notre budget sur des actions nouvelles, plutôt qu'à accroître nos dépenses.

Je souhaite qu'élus et services se sentent mobilisés par ces enjeux. Il faut que notre action permette au Finistère de participer pleinement à ce mouvement planétaire, que j'ai évoqué au début de mon propos, mouvement de solidarité porté par le développement durable dans lequel nous nous engageons résolument.

 
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