Qu'en est-il 35 ans après ? Cet outil est reconnu de tous, les Finistériens l'ont intégré, les habitants de ce territoire, vous le savez bien, y sont attachés. Comme nos collègues de l'époque, je crois que nous devons soutenir ce projet de Parc marin.
La protection des océans, la gestion rationnelle des ressources naturelles, la préservation de la biodiversité sont des enjeux majeurs. Chacun prend, aujourd'hui, conscience du risque périlleux auquel le monde est confronté. Réchauffement climatique, dégradation de la biodiversité sont, pour l'humanité, des risques constatés. C'est une réalité et, de plus en plus, nous en prenons conscience.
Il est une action à laquelle nous pouvons fortement contribuer : le Parc marin d'Iroise.
La mer d'Iroise est une richesse pour notre département. La diversité des habitats marins, l'existence d'espèces rares, la ressource marine, sa richesse halieutique, son patrimoine naturel et humain confèrent à la mer d'Iroise une place toute particulière dans la vie et le coeur des Finistériens.
Depuis déjà plusieurs années, les uns et les autres se confrontent sur la création du Parc marin en mer d'Iroise. Je vais plutôt m'arrêter quelques instants sur le projet qui, enfin, nous est présenté et qui est aujourd'hui soumis à l'enquête publique.Vous l'avez dit, Monsieur le Président, dans votre déclaration introductive, le Parc marin d'Iroise est une chance à saisir.
Pourquoi s'engager en faveur de ce Parc ?·
Tout d'abord, parce que nous pourrons enfin élaborer de façon transversale un projet pour la mer d'Iroise.· Ensuite, ce Parc est une chance pour le Finistère car il nous permettra d'agir pour le maintien d'un patrimoine naturel, culturel et humain tout à fait exceptionnel.· Enfin, ce projet marque une réelle avancée car il nous permettra de passer d'une compétence unique de l'Etat à une gestion concertée.
Ce n'est pas une évolution mineure.L'Etat s'engage à gérer le Parc par l'Agence des aires marines en concertation avec les acteurs locaux et je ne peux que me féliciter que soient associés à sa gestion les Collectivités locales, les professionnels, les usagers et des personnalités qualifiées.
Le Parc doit être porté par tous les Finistériens. Cette évolution était nécessaire, nous l'avions fortement demandée. Nous ne porterons jamais de projet durable si nous ne sommes pas capables de mettre en cohérence les actions de préservation du milieu naturel, les activités économiques et la vie quotidienne des Finistériens. Cette cohérence passe par une vraie concertation, de vraies discussions et des échanges entre tous les acteurs.
Pour autant, ce projet est-il parfait ? Bien sûr que non. Mais pour autant, faut-il le rejeter ? Non, ce serait une erreur pour le Finistère. Ce serait une erreur face aux enjeux qui se présentent à nous en termes de développement plus durable de notre planète. Ce serait une erreur pour l'avenir de ce territoire. Alors, bien sûr, j'espère que ce projet évoluera. Mais pour cela, il nous faut créer ce Parc naturel. Nous avons perdu trop de temps.
J'ai, bien entendu, quelques regrets. Je regrette notamment que ce projet marque, en l'état, une coupure entre terre et mer. Je crains aussi une gestion trop centralisée, loin des préoccupations concrètes de terrain. Je regrette aussi fortement que les Communes du sud n'intègrent pas, dès à présent, le Parc. Je regrette que la coordination avec le Parc naturel régional d'Armorique ne soit pas clairement prévue et établie. Mais, je crois très sincèrement que le Parc marin sera ce que nous voudrons bien en faire. Ce qu'acteurs locaux, élus, professionnels et usagers voudront bien qu'il soit. L'Agence des aires marines, l'Etat ne pourra pas, demain, agir sans tenir compte des acteurs locaux. Ce serait une grave erreur, ce serait une faute et ce serait surtout stupide.
Demain, nous serons des acteurs vigilants, présents et efficaces. Nous veillerons à ce que le conseil de gestion ait un rôle et des compétences fortes. Nous inciterons à une forte concertation. Nous exigerons que les Finistériens soient associés aux projets portés par le Parc. Enfin, nous nous engagerons fortement pour protéger l'exceptionnelle biodiversité de la mer d'Iroise.
Pour tout cela, Monsieur le Président, mes chers collègues, il faut que ce Parc existe.