Vendredi 21 novembre 2008
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23.01.2007
Droit à un logement.

Les voeux 2007 de Gilbert Monfort, vice-président du Conseil général et président d'Habitat 29.

 

« Mes amis, au secours...
Une femme vient de mourir gelée, cette nuit à trois heures, sur le trottoir du boulevard Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel, avant hier, on l'avait expulsée...

Chaque nuit, ils sont plus de 2 000 recroquevillés sous le gel, sans toit, sans pain, plus d'un presque nu. Devant l'horreur, les cités d'urgence, ce n'est même plus assez urgent ! (...)

Il faut que ce soir même, dans toutes les villes de France, dans chaque quartier de Paris, des pancartes s'accrochent sous une lumière dans la nuit, à la porte de lieux où il y ait couvertures, paille, soupe, et où l'on lise sous ce titre CENTRE FRATERNEL DE DEPANNAGE, ces simples mots : « TOI QUI SOUFFRES, QUI QUE TU SOIS, ENTRE, DORS, MANGE, REPREND ESPOIR, ICI ON T'AIME » (...)
Grâce à vous, aucun homme, aucun gosse ne couchera ce soir sur l'asphalte ou sur les quais de Paris.

Merci ! »

" L'auteur de ces mots historiques de l'hiver 1954 s'est éteint lundi matin, à l'hôpital du Val de Grâce à Paris.

L'abbé Pierre, infatigable défenseur des exclus et du droit au logement, nous a quitté au moment même où nous nous interrogeons à nouveau sur la question essentielle de l'accès de tous à un logement décent.
Je ne pouvais vous présenter les voeux de Habitat 29 sans rendre hommage à cet homme d'exception. Que son combat reste le nôtre.

Le droit au logement est inscrit dans notre Constitution. Pourtant, aujourd'hui même, de nombreux concitoyens restent sans domicile. La mobilisation récente des « enfants de Don Quichotte » a rappelé au pays cette douloureuse réalité nationale. Au bas mot, la France compte 2 millions d'enfants pauvres, qui bien évidemment ont des parents qui souffrent aussi. Et le logement n'est pas la moindre de leurs difficultés.
En matière de « mal logement », les chiffres sont difficiles à manier mais ce qui est certain, c'est que ce phénomène est nettement à la hausse depuis 5 ans. Les bilans d'organismes tels le Samu social ou des services sociaux confirment tous l'explosion du nombre de familles ayant recours aux chambres d'hôtel pour se loger. Le 115, numéro d'appel pour les personnes sans domicile, ne parvient à traiter que 10% des 7 000 appels quotidiens...
La crise du logement est dramatique. En 2004, 1,3 million de ménages était inscrit sur les listes d'attente de logement social. En 2005, la fondation abbé Pierre pointait déjà un écart avec les objectifs affichés par le plan de cohésion sociale de 2003 : « écart d'autant plus inquiétant que la relance de la production se fait essentiellement au bénéfice des logements sociaux aux loyers les plus élevés, donc les moins sociaux » !
Au total, on compte aujourd'hui 3 millions de personnes mal logées en France et 5,6 millions en situation de fragilité à court terme.

Alors oui, il nous faut mettre en place un vrai droit au logement opposable, comme le propose notamment Martin HIRSCH, président d'Emmaüs France.

La première pierre de cet édifice devrait être une application stricte de la loi Solidarité et Renouvellement Urbains qui fixe aux communes un objectif de 20% de logements sociaux à l'horizon de 2020. Les communes récalcitrantes devraient être plus durement pénalisées qu'elles ne le sont aujourd'hui.
L'Etat ne doit pas non plus réduire son aide aux familles : il doit au contraire poursuivre son soutien financier en préservant le pouvoir locatif des aides au logement c'est-à-dire leur montant par rapport au loyer réel. De nouvelles contreparties sociales devraient être demandées aux propriétaires qui bénéficient d'avantages fiscaux pour la construction de logements.
L'Etat devrait aussi inverser la tendance à la hausse des loyers des ménages les plus pauvres, en élargissant par exemple le domaine du logement conventionné et en ne laissant pas les propriétaires absorber les aides au logement par des niveaux de loyers trop élevés.
Pour rendre effectif ce droit opposable, c'est-à-dire pouvant être soumis à l'examen d'un juge en cas de litige, il faudra très certainement accélérer fortement le rythme de construction de logement sociaux. En octobre dernier, le Haut comité pour le logement des personnes défavorisées notait que « le droit au logement est aujourd'hui dépendant de l'heureuse convergence de l'action de tous les niveaux de la puissance publique, et une défaillance à un seul de ces niveaux suffit à le tenir en échec (...). C'est pourquoi élus et partenaires attendent de l'Etat qu'il assume le coût de la solidarité nationale et exerce son rôle d'arbitre ».


Nous sommes tous face à cette responsabilité.


En Finistère, Habitat 29 est un acteur essentiel des politiques de logement social.
Comme l'ensemble des organismes HLM, nous allons devoir ouvrir de grands chantiers, parallèlement à l'accueil traditionnel des populations dans nos logements.
Le vieillissement des personnes logées et le développement durable sont sans aucun doute les défis majeurs qui se posent à nous aujourd'hui.

Rappelons ici que la collectivité de rattachement de Habitat 29 est le Conseil général du Finistère. En juillet 2006, celui-ci a adopté son premier Agenda 21, programme d'actions pour un développement durable et solidaire dans notre département. Cette démarche ambitieuse vise à concilier trois principes fondamentaux : le développement de notre territoire, le respect de notre environnement et le progrès social. A son échelle et sur les compétences qui sont les siennes, Habitat 29 devra être un partenaire actif de cette ambition. Nous devrons participer à l'équilibre de l'offre en logement social entre les territoires qui composent le Finistère, donc à l'aménagement harmonieux du territoire et au développement de la mixité sociale partout. Nous devrons aussi veiller à développer la qualité environnementale de nos constructions.

Le second chantier qui s'ouvre à nous est le vieillissement des personnes accueillies dans notre parc. Le maintien à domicile de ces personnes est aujourd'hui une question centrale des organismes HLM. En 2000, les plus de 60 ans représentaient 24% des Finistériens. Demain, ils représenteront 25,5% de la population départementale en 2010 et 30% en 2020. En 20 ans, notre département aura ainsi vu sa population âgée augmenter de plus de 30%, passant de 204 000 à 268 000. L'aménagement des logements et des accès à l'espace public sera pour nous tous une préoccupation incontournable. La vie sociale de ces personnes en dépendra très largement. Dans une interview récente, Paulette GUINCHARD, ancienne secrétaire d'Etat aux personnes âgées et aujourd'hui membre titulaire du Conseil de surveillance du fonds de financement de l'APA le soulignait ainsi : cette question « est la plus importante ; il faudra mettre en place des programmes entre les collectivités, les organismes HLM, le ministère du logement. L'enjeu des charges et du chauffage, notamment, est également très important car c'est ce qui augmente actuellement. C'est une question politique et on va découvrir qu'un grande partie du parc est inadaptée en la matière ».

Mesdames, messieurs, Habitat 29 a donc de beaux défis à relever !
Dès cette année, la programmation en matière de logements sociaux témoigne du rôle essentiel de notre organisme dans le paysage finistérien : près de 25% des logements inscrits sur la liste principale de cette programmation 2007 (soit 154 logements) sont sous notre responsabilité, comme 18% de ceux inscrits sur la liste complémentaire. Pour 2008, les projections actuelles laissent à penser que nous représenterons 45% des opérations nouvelles en Finistère.
Fort de ces constats et conscient des enjeux qui se posent à nous, mais également certain de notre volonté commune de relever ces défis, je vous souhaite une année 2007 tout simplement meilleure que celle qui vient de s'achever."

 

 
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